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>>Al Hoceima Maroc – Séisme février 2004
Al Hoceima Maroc – Séisme février 2004 2017-01-02T16:55:58+00:00

Al Hoceima – Maroc

Séisme – Février 2004

Le 24 février 2004, un séisme de magnitude 6,3 sur l’échelle de Richter avait dévasté  la région d’Al Hoceima, sur la  côte méditerranéenne du Maroc; il s’était produit  à 2h27 du matin, surprenant les habitants dans leur sommeil et provoquant la mort de 572 personnes.

L’épicentre du séisme se situait  à proximité des villages d’Aït-Kamra et Imzouren, à une dizaine de kilomètres au sud et sud-ouest d’Al Hoceima. La zone touchée était  vaste, elle s’étendait sur 40 km de large depuis le littoral urbanisé jusqu’à environ 60 km vers le Sud–Est, dans les montagnes du rif marocain.

La population fut très affectée. 30 000 personnes se retrouvèrent sans abri et furent donc relogées dans des campements de fortune. Dès le mercredi 25 février, une équipe de 3 architectes experts (français et marocains) partit en mission d’évaluation afin d’effectuer un repérage des zones les plus touchées et d’organiser une action de mise en sécurité des personnes, mais également du bâti. C’est avec la collaboration de l’Ordre des Architectes marocains, que l’action de mise en sécurité des populations avait pu être réalisée avec le concours de nombreux architectes locaux.

Cette équipe fut rejointe quelques jours plus tard par 2 autres équipes des Architectes de l’urgence. Le 29 février, des architectes algériens, parmi lesquels, des représentants de l’Ordre National des Architectes d’Algérie, rejoignirent les équipes déjà sur place. Enfin, une soixantaine d’architectes marocains se rendirent sur le terrain dès le mercredi 3 mars pour aider à sécuriser les bâtiments et permettre un retour rapide des familles dans leurs logements.

Ainsi, en 3 semaines, ce sont environ 130 architectes qui s’étaient mobilisés afin de mettre en place une action qui avait pour objectif de :

  • Evaluer précisément, tant au niveau technique que quantitatif, les besoins (y compris dans les zones retirées) : de nombreux villages sinistrés étaient en effet situés dans la montagne du Rif, une zone difficilement accessible,
  • Evaluer l’état des bâtiments ébranlés afin de déterminer s’ils pouvaient ou non être réintégrés rapidement,
  • Aider les sinistrés, restés sans abri, à obtenir les moyens de pouvoir, en auto-construction, se reloger dans des abris,
  • Définir, dans le cadre de l’assistance à la reconstruction, les prescriptions techniques pour la rénovation et pour la reconstruction.

Cette mission avait été organisée avec l’aide du Conseil National de l’Ordre des Architectes du Maroc et les différentes institutions gouvernementales qui ont mis tout en oeuvre afin de faciliter la mission.

Le constat est le suivant :

  • Dans les villes de Imzouren, Beni Bou Iyach et Ajdir les dégâts étaient très localisés : plusieurs immeubles étaient très fortement endommagés voire totalement détruits mais la majorité des constructions avait subi des dégâts moyennement importants,
  • A Al Hoceima, les dégâts étaient plus légers,
  • Sur l’axe Ait-kamra , Had Rouadi jusqu’à Bouhm les zones rurales, constituées en majorité d’habitats isolés et difficilement accessibles, furent de loin les plus touchées.

Le diagnostic porte sur l’ensemble des habitations des douars, en particulier les équipements présents dans chacun d’eux (mosquées, écoles…) ; en général, ces bâtiments avaient mieux résisté que les habitations car ils étaient généralement construits en béton armé.

Grâce aux éléments techniques collectés, un programme d’assistance à la reconstruction fut réalisé et proposé aux autorités afin de permettre le relogement des sinistrés avant l’hiver 2004. Cette première phase ayant réussi, il s’agissait ensuite de se désengager progressivement tout en donnant les moyens aux équipes locales de poursuivre le travail dans de bonnes conditions ; le relais avait donc été pris par des équipes marocaines, des responsables avaient été nommés pour poursuivre le travail, les personnes chargées des opérations appartenaient étaient soit  à l’agence Urbaine d’Al Hoceima, soit à l’Ordre des Architectes du Maroc.

Outre le travail effectué sur le terrain, le but de l’association est également d’associer l’Ordre des Architectes du pays et de mettre ces acteurs au centre du débat sur la reconstruction. En effet, d’importantes malfaçons avaient été constatées, dues à l’absence de recours aux architectes (en particulier en zone urbaine) et de contrôle des réalisations. L’objectif était de réintégrer les architectes dans la chaîne d’intervenants dans un but très simple, celui de sauver des vies humaines.

Le bilan de l’action fut positif, un travail rapide avait pu se mettre en place avec les équipes marocaines, l’aide ayant dès le début été acceptée et encouragée ; des rapports professionnels de qualité s’étaient instaurés, le groupe tendant vers le même but ; le souhait avait été émis de créer une cellule des Architectes de l’urgence au Maroc.